Sur
le même continuum émotif:
Sympathie, attachement, tendresse, affection, chérir, adorer,
passion...
Des exemples
- J'aime
la justice et l'honnêteté.
- Je
suis une passionnée de la nature.
- J'aime
mes parents.
- J'aime
profondément ma femme.
- Je
suis follement amoureuse.
Qu'est-ce que l'amour ?
L'amour est un mouvement affectif spontané vers un être qui nous
procure une satisfaction. Cet attrait émotif peut s'appliquer à une
personne, un objet ou même une idée. On peut aimer intensément son
enfant, un endroit, ou les manifestations de courage, pourvu qu'on y
trouve des satisfactions spéciales. On peut même éprouver de l'amour
lorsqu'on n'a encore que l'espoir d'une satisfaction, un potentiel de
bonheur.
L'amour n'est pas une émotion en soi; c'est une expérience émotive
complexe qui comprend plusieurs émotions. C'est peut-être même la
plus complexe de toutes les expériences émotives. On y retrouve
souvent, par exemple, de la joie, de l'attrait ou du désir, de la
tendresse, de l'estime, de l'attachement, etc. L'expérience de l'amour
inclut aussi bien souvent de la colère ou du ressentiment ainsi qu'un
sentiment de vulnérabilité.
Ce qui demeure constant toutefois, dans les différentes expériences
d'amour, c'est le bien être ou le bonheur que nous procure l'être aimé.
Plus précisément, nous considérons comme "bons pour nous"
les êtres et les réalités qui suscitent notre amour. C'est parce que
nous les percevons, plus ou moins explicitement, comme aptes à répondre
nos besoins. Qu'ils y répondent déjà ou qu'ils soient porteurs d'une
promesse de satisfaction, ils demeurent, subjectivement, une source de
bonheur.
Les amours fortes et profondes sont, quant à elles, empreintes
d'estime. Elles ont sur nous un effet d'élévation. Les personnes qui
l'inspirent ont un effet stimulant; à leur contact, nous sommes portés
à être de meilleures personnes, à exploiter davantage nos ressources,
à nous dépasser.
Parfois on confond l'amour en imagination avec un amour réel. L'expérience
subjective de l'adolescente amoureuse du chanteur populaire ressemble à
l'amour par les émotions qui en font partie et par leur intensité,
mais il manque un ingrédient essentiel: le contact réel avec l'être
aimé. La satisfaction éprouvée est déclenchée par les fantasmes
uniquement. Comme simulation pour découvrir l'expérience amoureuse, il
s'agit d'une méthode extrêmement utile et d'un bon apprivoisement de
l'intensité affective.
L'amour romantique est une autre expérience qu'il faut distinguer de
l'amour réel. Dans cette forme de relation, l'important est le plaisir
d'être aimé et non l'amour de l'autre pour ce qu'il est. Je me délecte
de son penchant pour moi et des les avantages qu'il me procure: marques
d'attention, réactions fortes à ma présence, sentiment d'être désirée,
etc... C'est l'effet de son regard sur moi qui me satisfait et non le
contact réciproque. Que l'homme ou la femme en soit l'objet, c'est le
regard admiratif de l'autre qui constitue l'essentiel de la relation.
Comme l'illustre la série d'exemples présentée plus haut, on se sert
du même verbe, "aimer", pour exprimer différents genres
d'attraits. Il s'agit toujours essentiellement de la même expérience
d'amour, mais les dimensions impliquées et l'intensité des émotions
varient énormément.
Exemple #1.
J'aime la justice et l'honnêteté: ce sont des valeurs importantes à
mes yeux. Je suis satisfaite lorsqu'elle sont exercées; je réagis né
gativement lorsque elles ne le sont pas.
Exemple #2.
Mon contact avec la nature me procure toutes sortes de satisfactions. J'éprouve
divers sentiments qui expliquent le plaisir qu'elle me procure: plaisir
esthétique, émerveillement devant la force, la fragilité et les
subtilités du vivant, jouissance sensuelle dans certaines activités,
joie des nombreux ébats physiques qu'elle permet, etc... Au total, la
nature me fournit la possibilité de répondre à plusieurs besoins
Exemple #3.
Mon amour pour mes parents est composé de divers sentiments. Je suis
attachée à eux; je tiens à notre relation et j'éprouve de
l'affection pour eux. Il se pourrait que mon amour contienne aussi de
l'estime pour ce qu'ils sont et de la reconnaissance à l'égard de ce
qu'ils ont accompli pour moi. Mais il se peut aussi que mon amour
recouvre uniquement une sorte de compassion pour eux, avec une
propension à leur faire du bien.
L'amour recouvre donc à diverses réalités émotives. Lorsqu'il
s'applique à des êtres vivants, il implique habituellement une
certaine dose d'affection.
Exemples #4 et #5.
L'amitié, l'amour, l'amour passion sont des variations sur le même
continuum. Ils expriment, comme les autres formes d'amour, la valeur
nourricière de l'objet pour nous. La passion peut être vécue pour une
personne mais aussi pour une activité. Ce que ces deux objets d'amour
ont en commun, c'est la capacité de remplir un grand besoin et la manière
agréable par laquelle ils le remplissent.
Ainsi, ma passion pour un homme est déclenchée par l'intense agrément
de nos contacts physiques et sexuels. Elle est sous-tendue par mon
intense besoin d'être aimée de même celui de confirmer ma valeur
comme femme en faisant un effet puissant sur un être qui me plaît. De
même, mon immense amour pour cette femme repose sur le bien-être inégalé
que j'éprouve en sa présence. C'est la seule personne qui m'ait jamais
acceptée telle que je suis! En sa présence j'ose être et cela est
pour moi plus précieux que quoi que ce soit d'autre.
Par ailleurs, ma passion pour la planche à voile s'explique par la
satisfaction intense que j'ai à composer avec des éléments de la
nature qui font appel à ma force subtile, mon agilité et mon sens de
l'é quilibre. Ce sport englobe en plus mon amour de la nature et le
plaisir sensuel du contact avec l'eau, l'air et le vent. De plus, et ce
n'est pas là la moindre des choses, il me permet d'admirer en me
confondant avec elles, la beauté puissante de la nature qui se
manifeste dans la force de la mer, la puissance des vagues et des tempêtes.
Ces situations me transportent et j'adore cette sensation forte.
À quoi sert l'amour ?
L'amour est un indicateur de besoins. Il révèle parfois la présence
de besoins cruciaux, d'autres fois celle de besoins moins urgents comme
des aspirations. Il révèle aussi qu'on croit, à tort ou à raison,
trouver auprès de l'être aimé la satisfaction de ces besoins. C'est
le cas, qu'il s'agisse de l'amour pour une satisfaction potentielle ou réelle.
L'amour d'un être potentiellement nourrissant
Le besoin d'être reconnu comme être sexué et le besoin de contacts
physiques de l'adolescent sont forts et même envahissants. Ce dernier
est prêt à jeter son dévolu sur le premier inconnu qui, à première
vue, présente des caractéristiques qui laissent croire qu'il pourrait
combler ces besoins. Il est beau donc attirant, fort donc capable
d'avoir un ascendant sur moi, sûr de lui donc pouvant être affirmatif
et rassurant, etc...
Le besoin impérieux d'être aimé ou confirmé dans sa capacité
d'avoir un impact sexuel n'est pas spécifique à l'adolescent. On le
retrouve aussi chez la personne qui recherche le coup de foudre.
Celle-ci voit, dans l'attrait intense et spontané, la preuve irréfutable
qu'il peut trouver tout ce qu'il recherche pour répondre à ses besoins
affectifs. La dé couverte éventuelle de la personne réelle entraîne
souvent le dé senchantement. Le coup de foudre est le prototype de
l'amour d'une personne pour son potentiel de satisfaction.
Aimer dans une relation toxique est un autre exemple de l'amour d'une
personne pour son potentiel de satisfaction. Cet attrait est incompré
hensible sans l'éclairage du phénomène du transfert. Dans cette
situation celui qui aime tente d'obtenir de l'autre des confirmations
essentielles à son identité. Habituellement ses tactiques sont
infructueuses
L'amour pour une relation ou une activité réelle
L'amour est la réaction au fait d'obtenir la nourriture affective que
nous cherchons dans une relation. L'amour d'une activité exprime la
satisfaction qu'elle nous procure sur des dimensions importantes de
notre vie. Selon son intensité et la qualité de la satisfaction,
l'amour prend la forme de sympathie, d'affection et peut aller jusqu'à
la passion.
Il est utile de préciser sur quoi porte notre amour si on veut y voir
plus clair. En spécifiant ce que l'on aime on peut identifier plus
facilement les besoins auxquels il répond ou les aspirations qu'il é
veille en nous. On peut aussi cerner son besoin en identifiant les
genres de satisfaction que nous procure le contact avec la personne ou
l'objet aimé.
Amour
L’amour
est un sentiment envers un être semblable ou non à soi. Il est le
manifeste d'une force instinctive animale qui consiste à s'attacher à
un ou plusieurs individus : pour l'Homme de manière morale ou désireuse.
Il peut être contrôlé par la morale Humaine et devenir une sorte de
passion où le désir sexuel n'intervient pas. On peut alors appeler
cela une relation amoureuse. Ou alors l'amour n'est pas du tout contrôlé
et l'Homme obéit à son instinct primaire qui est la reproduction :
l'amour devient alors une envie impulsive où l'Humain ne cherchera pas
à se défaire.
L'amour
peut être, selon la personne : faible, fort, obsessif ou
douloureux. Selon ces critères, il peut être plus ou moins contrôlé
par la morale Humaine.
Une notion complexe
L’amour
est une notion complexe débattue depuis des siècles et encore débattue
de nos jours. Cette notion est un sujet de médecine
(pourquoi l'amour), de psychologie
(l'impact de l'amour et de son absence), de sociologie
(son rôle dans les relations humaines), de philosophie
(dans quel but aimer ?), de théologie
(l'amour de Dieu), d'Art
(l'amour dans tous ses arts), de divertissement
(les plaisirs de l'amour) et d'économie
(le commerce de la rencontre amoureuse).
Dans
la Grèce antique
Ce que
nous désignons sous le terme d'amour, recouvre trois sentiments
distincts de la Grèce
antique : l’éros, la philia, et l’agapê.
·
La philia se rapproche de l'amitié telle qu'on
l'entend aujourd'hui, c'est une forte estime réciproque entre deux
personnes de statuts sociaux proches. Elle ne pouvait exister à l'époque
qu'entre deux personnes du même sexe, du fait de l'inégalité entre
les sexes. C'est une extension de l'amitié.
·
L’éros désigne l'attirance sexuelle, le désir.
Il est l'une des passions néfastes que produit l'épithumia dans
la pensée
platonicienne. Cependant il pouvait se mêler à la philia à
travers la pédérastie.
·
L’agapê est l'amour du prochain, une relation
univoque que l'on rapprocherait aujourd'hui de l'altruisme.
Il se caractérise par sa spontanéité, ce n'est pas un acte réfléchi
ou une forme de politesse
mais une réelle empathie
pour les autres qu'ils soient inconnus ou intimes. Dans la tradition chrétienne
des pères
de l'Église, ce mot est assimilé au concept de charité,
bien que celui-ci soit plus proche d'une relation matérielle établie
avec des personnes en souffrance. L’agapê originel ne revêt
pas cette connotation
morale de responsabilité devant une autorité divine.
Thème
philosophique
« Vivre
d'amour et d'eau fraîche » est un idéal rêvé par
certains. Ni guerre ni labeur ; uniquement l'amour. « Peace
and Love » (« Paix et amour »). Plaisir
de la non-violence, de la séduction, de l'érotisme et des
divertissements sexuels.
L'amour
est un thème abordé avec profondeur par la philosophie. Par exemple,
pour répondre à cette question : l'homme
est-il à la source de l'amour qu'il vit ou l'amour est-il un concept
naturel qui s'impose à l'homme ?
·
Georges
Bataille, Les
Larmes d'Éros
·
Michel
Onfray, Théorie du corps amoureux
·
Vincent
Cespedes, Je
t'aime. Une autre politique de l'amour
·
Ovide,
L'Art
d'aimer
·
Ovide,
Les Remèdes à l'amour
·
Platon,
Le
Banquet
·
Platon,
Phèdre
·
Rainer
Maria Rilke, Lettres
à un jeune poète
Composante
fondamentale des religions
Toutes
les religions
traitent de l'amour.
L'amour
de Dieu et
de son prochain est le principe fondateur de la religion
chrétienne. Les sociétés judéo-chrétiennes sont fortement marquées
par cette notion religieuse de l'amour. L'amour de Dieu est la force qui
pousse un individu à avoir la foi en son Dieu.
La théologie
est la spécialité qui traite de ce sujet. L'amour du prochain se définit
comme la force qui pousse un individu à rechercher la paix et le
partage avec les autres. Le désir d'amour se traduit par celui d'être
avec les autres, celui d'accepter de recevoir des autres et de donner
aux autres, celui de dialoguer, de vivre avec, de comprendre,
d'accompagner, etc.
Amour
et famille
La famille
est un lieu riche en relations amoureuses : amour conjugal, amour
parental, amour filial, fratrie.
L'importance
de l'affection des membres d'une même famille entre eux est illustrée
par l'émotion vécue dans les grands évènements tels qu'une
naissance, un mariage,
un succès, une épreuve, un accident, un décès.
L'amour
défini par ses contraires
Les
sentiments contraires à celui de l'amour seraient la haine,
la peur,
voire l'indifference.
Mais on
dit aussi qu'une très mince frontière sépare de la haine un amour
devenu passion. Par exemple, le fait de ne pas être aimé peut susciter
un sentiment de vengeance envers l'objet aimé.
L'amour
est un sentiment puissant, une intense émotion, voire une pulsion.
L'indifférence est donc antagoniste de l'amour. Celui qui est indifférent
n'est en effet, en aucune manière, réceptif et attentif à l'autre.
L'amour
qui attire les êtres les uns vers les autres s'oppose alors à la peur
qui éloigne les un des autres (la haine étant un amour destructeur).
L'autre
n'est pas amour, il agit par intérêt de l'autre. L'amour fût, mais il
n'est point. Où est l'amour : dans le vice et l'absolu contraire.
L'amour
et l'art
À
toutes les époques, l'amour, « la seule obsession que tout le
monde désire », a inspiré les artistes de toutes disciplines.
C'est un thème artistique récurrent et majeur avec le temps qui passe
et ses deux conséquences : le vieillissement et la mort.
Dans
les arts plastiques
L'amour a
toujours été un des thèmes de prédilection dans l'histoire de la
peinture, que ce soit par la représentation de personnes en situation
amoureuse ou par la symbolique ou l'allégorie, par exemple en représentant
des scènes faisant intervenir des personnages mythologiques.
Certains
thèmes ou personnages mythologiques ou historiques reviennent souvent
au point d'en devenir des canons :
·
Éros
(ou Cupidon),
dieu des amours profanes, est très souvent représenté. Enfant ou
adolescent espiègle et capricieux, il est ailé et porte un arc avec
lequel il tire des flèches d'or dans le cœur des humains, ce qui leur
apporte amour et désir. Il est représenté soit dans des scènes où
il est le sujet principal, soit comme personnage secondaire pour évoquer
la présence symbolique de l'amour.
Les scènes les plus représentées
sont : l'amour d'Éros pour Psyché,
l'enfant turbulent Éros désarmé par sa mère Vénus,
la victoire de l'amour sur les œuvres humaines (voir la célèbre
version du Caravage)
ou la lutte entre l'amour profane et l'amour sacré.
·
Vénus
(ou Aphrodite),
déesse de l'amour, mère de Éros/Cupidon, inspire souvent les
peintres, notamment pour l'épisode de sa naissance. Elle apparaît au
monde déjà adulte, nue et sortant de la mer : les versions de Botticelli
(cf. La
naissance de Vénus), Cabanel,
Fantin-Latour
ou Bouguereau
comptent parmi les plus célèbres.
·
La vie amoureuse tumultueuse de Zeus/Jupiter
a également fait l'objet de nombreuses représentations : l'enlèvement
de Léda,
d'Europe
ou de Ganymède
sont parmi les thèmes les plus souvent traités.
·
Les grandes histoires d'amour de l'histoire ou de la littérature
comme Tristan
et Yseult, Roméo
et Juliette, Ulysse
et Pénélope
et bien d'autres ont souvent été traitées en peinture, surtout dans
les périodes romantiques (préraphaélisme,
romantisme,
etc.).
Par
ailleurs, nombre de scènes amoureuses de la vie quotidienne des hommes
ont été représentées, depuis la cour faite à l'être aimé au drame
amoureux, en passant par le baiser langoureux ou le libertinage. Un
exemple est le tableau de Fragonard
nommé le
Verrou.
Dans
la littérature
L'art
poétique et le roman
sont, avec la chanson,
quelques-uns des moyens de prédilection de l'expression verbale de
l'amour.
À
travers les âges la littérature a reflété des tendances de l'amour,
des divinités mythologiques à l'amour réaliste de notre époque.
Les
interprétations psychologiques de l'amour
Psychisme
Sur le
plan psychique, la psychanalyse
considère que les premières relations parents-enfants
sont déterminantes dans l'esprit
d'une personne et de sa perception de l'amour. Les relations mère-fils
ou père-fille,
notamment, sont particulièrement marquantes. Les relations
parents-enfants sont généralement déséquilibrées : le parent répond
aux besoins de l'enfant. On dit dans ce cas que l'amour de l'enfant est
captatif et celui des parents oblatif.
En
grandissant l'enfant apprendrait à rééquilibrer ces relations. Cet
apprentissage peut échouer à tel ou tel moment, et l'adulte en gardera
un manque de maturité s'il n'en prend pas conscience et une perception
de l'amour plus ou moins blessée. Les relations de ses parents entre
eux seraient aussi importantes dans la construction de cette idée de
l'Amour.
Combler
un manque
L'amour
peut être perçu essentiellement comme la quête d'un manque, lorsque
la notion oblative ne s'est pas développée.
L’amour
que l’on porte à une personne ou un objet naîtrait par ce qu'il nous
apporte ou est susceptible de nous apporter. "Aimer" ne serait
autre qu'une façon inconsciente d'avouer sa propre impuissance à
l'autonomie pour un besoin particulier à un moment donné. Besoin
d’aimer ou besoin de se sentir aimé ne serait autre qu'un besoin égoïste,
qu'une attente de la personne qui pourrait combler les ‘manques’
immatériels ou matériels que nous ne serions pas capables de
satisfaire par nous-mêmes. Par exemple, en Occident, le besoin d'un
enfant entraînerait le besoin d’une compagne ou d’un compagnon à
nos côtés, besoin qui nourrit un sentiment d’amour ou de besoin
d’amour pour la personne que l'on attend pour concevoir cet enfant.
La réalité
psychique du besoin d’enfant résiderait plus dans un besoin de sécurité
motivé apparemment par le bien de l'enfant : le nourrir
et l'accompagner
vers l’âge adulte.
Mais cette attitude, apparemment généreuse, sous-tendrait en fait un désir
caché du parent d'être accompagné vers la vieillesse.
Dans ce
type de situation, « aimer » ou dire « je suis
amoureux(se) », serait une façon inconsciente de dire :
« j’espère que la personne pour laquelle j’éprouve des
sentiments amoureux m’apportera les choses que j’attends d’elle ».
Tant que l’on sent chez la personne aimée la présence des choses que
l’on attend d’elle, le sentiment perdure, mais si la personne aimée
perd ou ne dispose pas d’une partie de ce que l’autre attend, le
sentiment d’amour s’estompe ou s’éteint. Lorsque ce sentiment
s’estompe, il n’est pas rare d’entendre : « Nos deux
chemins se sont séparés » car « mes besoins ont changés »,
« nous n’avons pas suivi la même route », etc. A ce
moment, la personne qui se sent "en danger" peut être sujette
à des crises d'anxiété. La personne quittée peut y être plus ou
moins indifférente ; si tel n’est pas le cas celui qui est
« abandonné » aura probablement un sentiment de tristesse,
de jalousie,
de colère
ou même de haine…
Lorsqu'on
analyse ce type de relation, on est tenté d'utiliser des rapports
proportionnels et de donner une note de 1 à 100 à l’amour
‘offert’ à la personne aimée; par exemple 75 ; l’autre
personne ne pourrait pas aimer au delà de 25… Cette relation
amoureuse serait, par définition, déséquilibrée ; si le déséquilibre
demeure trop important, la séparation devient la seule porte de sortie
car la relation devient insupportable pour les deux parties tant les
reproches, les disputes sont présentes. C'est la personne qui aime le
plus qui ferait le plus de reproches ou provoquerait le plus de
disputes. L’histoire d’amour qui dure serait une histoire dans
laquelle la ‘note’ d’amour des deux belligérants serait proche de
50, une sorte d’équilibre mû par les indispensables projets avoués
ou inavouables des deux êtres qui s’aiment.
Les
comportements amoureux
Zoologie :
comportements amoureux chez les hominoïdes
Zoologiquement,
la vie et le comportement sexuels de l'homme présentent de nombreux
points communs avec ceux des autres primates, et plus généralement
avec l'ensemble des mammifères. L'observation de l'espèce la plus
proche de l'homo sapiens sapiens, le chimpanzé nain du Congo ou
bonobo (Pan paniscus), ainsi que celle des autres grands singes,
suggère que l'amour ne serait qu'une forme évoluée de phénomènes
existant déjà chez nos cousins sous forme atténuée.
Physiologiquement,
le coït tel qu'on l'observe chez l'homo sapiens ne diffère guère de
l'accouplement chez les grands singes. En revanche, la séquence
amoureuse, des premières approches, de la séduction jusqu'à
l'accouplement, semble avoir évolué parallèlement à l'hypertrophie
du cortex cérébral dont a été dotée notre espèce au cours de son
évolution récente. Les aptitudes à l'idéation, l'imagination,
l'anticipation et à la stratégie qui en résultent ont complexifié le
processus à l'extrême.
L'attachement
durable, la formation de couples relativement stables s'observe également
chez nos cousins, mais sans atteindre la diversité des comportements
individuels, la durée, et le rôle fondamental de l'imaginaire constatés
dans la vie amoureuse humaine.
Un autre
facteur qui nous distingue des singes, avec d'énormes conséquences,
est la disponibilité quasi constante de la femelle humaine à
l'accouplement, ce qui n'existe pas chez les autres mammifères.
Les
zoologues se sont en outre intéressés à l'avantage concurrentiel, du
point de vue de l'espèce, que donne l'amour tel qu'il se manifeste chez
l'homme. Il apparaîtrait comme nécessaire à la sécurisation du
couple durant la période d'extrême vulnérabilité des jeunes, elle-même
suivie de la phase de développement de l'intelligence d'un adulte,
moments qui, rapportés à leurs équivalents chez les espèces proches,
sont extrêmement longs.
Aspect
neurologique et biochimique du sentiment amoureux
Le désir
charnel, la passion amoureuse, se caractérisent d'un point de vue
biochimique par la libération de phéromones et la modification des
taux hormonaux, cet état altéré de l'esprit, inhibant notamment les
aires cérébrales associées à la critique de l'autre et à l'ennui,
peut durer sur plusieurs années.
Il est
notable que chez les animaux, par exemple, une intervention dans un
processus naturel comme l'accouchement perturbent l'attachement de la
femelle envers son petit. Ainsi, « des brebis parturientes ayant
subi une anesthésie péridurale ne manifestent pas de comportement
maternel. »[1].
L'amour
ne diffère pas fondamentalement dans les diverses cultures humaines,
les parades de séduction restant à la base les mêmes en Afrique, en
Orient, en Europe ou en Amérique du Nord. C'est plutôt l'attitude à
l'égard du désir féminin, dont la répression est fréquente dans
beaucoup de sociétés (voir aussi Comportement et langage), qui change
de forme extérieure.
En général,
la parade amoureuse est initiée par la femme, dont l'attitude exprime
de façon plus ou moins explicite sa disponibilité. Les hommes tentent
de solliciter les femmes (drague, séduction, etc.), ainsi un contact
sexuel non précédé d'un feu vert féminin plus ou moins tacite n'a
que peu de chance d'aboutir.
Cette
complexité est sans doute l'une des manifestations les plus flagrantes
du conflit entre notre nature d'être pensant évolué et la réalité
de l'état de nature d'animal. Les signes d'acceptation féminins sont,
selon de nombreuses observations: les œillades, les expressions
faciales (le sourire n'étant pas caractéristique, eu égard à sa
fonction sociale bien plus étendue), les poignets tournés vers
l'avant, (signe d'extrême vulnérabilité), les attouchements, etc.
L'homme se risquant moins souvent à ces approches le premier.
Le
comportement amoureux dans le monde
Le
comportement sexuel varie fort peu suivant les diverses sociétés
humaines. Les modes de séduction, de contacts, les parades et les
expressions faciales ne présentent que des différences mineures et très
extérieures. L'Europe n'a plus le monopole de la représentation
massifiée du comportement amoureux ; pourtant, les deux grandes
industries cinématographiques du monde, occidentale et indienne,
montrent de manière saisissante le caractère uniforme des représentations
collectives de la sexualité dans des cultures différentes, a fortiori
sachant que ces deux cinémas ont chacun une aire d'influence qui va
bien au delà de leurs sphères géographiques propres. Les films
Indiens sont depuis longtemps projetés dans tous les cinémas du
Moyen-Orient et du monde arabe, tandis que le cinéma occidental a
depuis longtemps fait la conquête du Japon et de la zone d'influence
chinoise.
Néanmoins
certains détails comportementaux sont culturellement acquis. Le baiser
avec la langue, par exemple, qui semble naturel en Occident, en Chine,
dans le monde arabe, en Inde (civilisations ô combien expertes en matières
de raffinements érotiques, du fameux Kâma Sûtra, écrit par le
brahmane Vatsyayana vers le début de l'ère chrétienne aux contes des
mille et une nuits), était probablement inconnu en Afrique
subsaharienne avant l'arrivée des Européens. Dans Ma vie secrète,
un anonyme licencieux de l'époque victorienne rapporte qu'il a dû
« apprendre » cette pratique, qui n'allait pas de soi. Il
s'agirait donc d'un trait culturel, mineur, mais réel.
L'homosexualité
est un comportement attesté depuis la plus haute antiquité et fort
bien documenté. D'un point de vue psychologique, l'amour entre
homosexuels ne diffère pas significativement de l'amour hétérosexuel.
Internet
a modifié quelque peu les relations amoureuses dans le monde en
facilitant les contacts à distance. De nombreux couples issus de
continents différents se sont formés grâce à ce nouveau media.
Comportement
et langage
Paradoxalement,
l'acte le plus naturel du monde (la reproduction) tout comme certaines
fonctions corporelles (la défécation) sont accompagnés chez l'Homme
d'interdits sociaux visibles au niveau du langage et du comportement. Il
existe dans toutes les sociétés humaines des tabous relatifs à ces
fonctions : l'Homme est le seul animal qui se réunit en groupe
pour manger mais s'isole pour déféquer. De même, l'acte sexuel se
fait de préférence dans l'isolement (l'amour en groupe est considéré
comme déviant). Le langage est lui-même empreint de ces valeurs
morales qui distinguent ce qui est "propre" de ce qui est
"sale". De tous temps les religions ont réprimé ces pulsions
et se sont servi de leur influence sur le psychisme (menace de
souffrances infinies dans un autre monde...) pour mieux embrigader les
crédules (voir libertinage, célibat, abstinence) ou au contraire pour
en faire le centre de leur philosophie dans certaines sectes (le gourou
s'adjuge toutes les femelles du groupe). Le langage distingue
ainsi dans sans doute toutes les langues du monde plusieurs niveaux pour
désigner la copulation : poétique (union), vulgaire (baiser
et une infinité d'autres termes), médical-scientifique (coït)
etc. Quelques exemples d'euphémismes qui évitent d'être trop
explicite : alors que les expressions faire l'amour, to
make love sont sans équivoque, on préfère éviter la formulation
directe (choquante) en disant "coucher avec quelqu'un" ou même
to sleep with somebody en anglais, mit jemandem schlafen
en allemand (alors que justement il n'est pas question de dormir !).
Au même titre, sich lieben (s'aimer en allemand) reste
ambigu et peut désigner autant le sentiment que l'acte charnel. Le choix
du partenaire résulte en fin de compte d'un équilibre subtil entre
l'attirance consciente ou culturelle (goûts communs, littérature,
musique, niveau de langage, richesse, comportement social etc.) et l'attirance
inconsciente ou naturelle (physique, odeur, sentiment de sécurité
en vue de la procréation etc.).
Diverses
définitions
Le terme amour
ainsi recouvre de multiples signifiés selon le contexte :
·
L'amour est une attirance envers un certain être.
Celle-ci peut être alors sexuelle, passionnelle ou rationnelle.
·
L'amour est une émotion proprioceptive à la vie même.
·
L'amour est un sentiment spécifique à l'être humain:
contrairements aux diverses formes d'attachement qui existent chez les
animaux, l'amour peut être psychologiquement destructeur.
·
Par extension, c'est un sentiment puissant d'affection
particulière pour une personne, un objet ou une entité abstraite :
amour des parents pour les enfants, amour de la patrie, du jeu, du luxe,
etc.
·
Il désigne parfois l'inclination sexuelle. L'expression faire
l'amour désigne la pratique de relation sexuelles. Cependant, au XVIIIe siècle,
et dans le théâtre de Molière et de Racine, elle signifie « parler
d'amour », dans le goût des ruelles (cf. Honoré de Balzac
« Parler d'amour, c'est faire l'amour »).
·
Désir d'accomplir le bien d'autrui.
·
Biologiquement, l'amour est la dépendance du système
nerveux à l'égard de l'action gratifiante réalisée grâce à la présence
d'un autre être dans notre espace. (Laborit) L'écrivain Céline résumait
ceci avec une acidité certaine : "L'amour c'est l'infini à
la portée des caniches, et j'ai ma dignité moi." (in Voyage au
bout de la nuit)
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L'attrait de l'autre, l'intérêt pour l'autre, le besoin
de l'autre, l'attachement à l'autre sont autant de preuves d'amour dans
la pensée occidentale. Il se définit aussi selon cette même pensée
comme l'aspiration à former un tout avec un autre. Le véritable amour
est souvent qualifié d' "amour inconditionnel"
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Non à le posséder continuellement. L'amour obsessionnel
existe pourtant.
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Il est à noter que la conception exclusive de l'amour
n'est pas partagée par tous, la philosophie du polyamour montre que
cette relation peut s'établir entre plus de deux personnes. De même
l'appartenance à deux sexes différents ne définit pas l'amour, comme
le prouve l'homosexualité. Ainsi l'expression de ce sentiment revêt
des formes culturelles diverses. Son détachement de la reproduction, nécessité
instinctive, au cours du XXe siècle
par la contraception et l'acceptation de nouvelles sexualités, montre
qu'il est plus une construction humaine qu'animale. Cependant le désir,
constituant essentiel de l'amour, rapproche l'Homme de son origine
animale.
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Dans l'esprit humain contemporain, le mot est rattaché à
la sexualité. L'amour d'un couple plus ou moins éphémère ou fidèle,
de ses enfants s'il en a, de ses parents et grands-parents et par
extension de certaines de ses relations proches. Ce sentiment est donc
une base sur laquelle se fonde la société à travers l'une de ses
principales émanations : la famille.
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Lorsque la relation sexuelle qui accompagne le sentiment
d'amour ne peut pas être satisfaite alors qu'elle devrait pouvoir l'être,
on parle d'amour sublimé.
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L'amour universel. Passion impétueuse et tendre
affection, flamme ardente et braise rougeoyante, eau tumultueuse et
ruisseau tranquille.
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Disposition affective. Traditionnellement, l'Amour est une
inclination affective et sexuelle pour une personne de l'autre sexe, par
opposition à l'amitié qui serait l'amour pour une personne du même
sexe, ou de l'autre sexe, mais sans échanges sexuels. Toutefois
l'existence de l'homosexualité tout comme la pratique de relations
sexuelles entre amis hétérosexuels contestent cette définition.
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Disposition volitive. Vouloir le bien de quelqu'un.
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Estime de soi, vision positive de sa personne.
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En tribologie, les surfaces qui collent entre elles, par
contact sous une certaine pression, sont dénommées surfaces
amoureuses.
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En boulangerie, une pâte n'ayant pas encore incorporé
suffisamment de farine est dite amoureuse de par sa consistance
collante.
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Les aimants ont été appelés ainsi à cause de leur
capacité à s'attirer (ou se repousser).
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Sentiment d'extase mélancolique, c'est une expression tirée
du livre de Artida et Vincent.
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L'amour est la définition même de la symbiose parfaite
entre deux êtres de sexe identiques ou différents, parfois galvaudée.